COMPTE RENDU DU 21.01.2026, RACHEL ET CHARLES 

Grotte du Sergent : Contrôle des niveaux d’eau 

Comme nous le faisons de manière hebdomadaire depuis les précipitations de fin décembre, nous  envisageons avec Rachel de retourner visiter le Sergent après le Week end pluvieux du 17-18 janvier. 

Les précipitations qui se sont alors abattues sur le secteur n’ont rien de semblables aux précédentes  du mois de décembre, mais restent tout de même suffisantes pour nous laisser présager des  mouvements d’eau dans la cavité (sans atteindre le caractère exceptionnel de la fin 2025). 

C’est ainsi que nous posons la date du mercredi 21 janvier pour faire notre petite ronde de contrôle. 

Et là… c’est le drame… la veille au soir, Rachel, alors submergée de travail, m’annonce qu’elle ne pourra  pas venir. Un sentiment de désespoir inonde subitement mon esprit. Je me réfugie derrière les  messages de soutien de Pierre qui n’hésite pas alors à m’envoyer des contacts de personnes  susceptibles de faire la tournée habituelle de la cavité avec moi. 

L’heure tardive me dissuada de prendre un quelconque contact et je décide alors d’y aller seul dès le  lendemain matin. 

Mercredi matin, je suis sur le départ quant à mon grand étonnement, Rachel m’annonce avoir bossé  toute la nuit comme une acharnée pour ne pas manquer ce rendez-vous incontournable au Sergent. 

Qu’à cela ne tienne, je pars seul malgré tout de mon côté, et Rachel me rejoindra ultérieurement sur  les coups de 12h30 sur place. 

A défaut d’avoir Pierre et Sam, nos hydrogéologues de renom avec nous pour effectuer les relevés  hydrauliques et physico chimiques de l’eau, je décide d’emporter avec moi un mètre ruban et un  thermomètre médical sans contact pour faire les mesures qu’ils font habituellement (on se passera par  contre de la conductivité par manque de matériel dans ma trousse à pharmacie ).

Dès mon arrivée sur place au Cabrier, je me dirige vers la source, muni de mon mètre ruban et de mon  thermomètre.  

Une voiture se gare alors, et je me fais alpaguer quelques instants plus tard par son conducteur qui  m’interroge si j’allais faire le Sergent (comme quoi… visiblement, on ne se gare pas là par hasard). Après moults échanges sur « qui nous sommes » (spéléo/grimpeur dans les deux cas), il m’annonce  être BE sur Agde et faire la cavité avec un client alors passager dans sa voiture. 

Tel un scientifique, je poursuis ensuite face aux yeux ébahis de mes deux spectateurs du jour, ma prise  de mesure pour Pierre : 

13,7°C au Cabrier et 1,5cm d’espace sous la barre métallique, au centre du « canal venturi » de mesure  de Pierre. 

Puis je prends le chemin en direction du Sergent.

Je constate que le ruisseau de la Combe de malafosse coule sous le pont routier de la départementale,  et rejoint en surface l’Hérault. 

En remontant l’amont, le ruisseau commence à s’écouler en surface au niveau du pli géologique que  Pierre me montra quelque temps auparavant. 

Je décide d’aller voir en premier lieu le Boulidou, histoire de patienter en attendant Rachel par la suite.  Là, rien d’inchangé par rapport à nos dernières visites, si ce n’est que l’épisode pluvieux du weekend a  lessivé les traces de dépôts limoneux qu’il pouvait y avoir ici et là, et a ainsi rendu la netteté des cailloux  en surface.  

En revanche, je n’ai rien vu de perceptible quant à une éventuelle montée des eaux au sein même du  Boulidou qui aurait été provoquée par les dernières pluies (sans parler d’un quelconque débordement  vers son exutoire). 

Seuls les stigmates du mois précédent sont toujours visibles. 

Je reprends ensuite la direction du Sergent, et ne tarde pas à me faire talonner par mes deux acolytes  du jour, venus eux aussi visiter la grotte. 

Une fois arrivé au porche d’entrée, je constate que la flaque d’eau a baissé un peu plus, mais nécessite  toujours d’une petite escalade sur le côté si l’on veut déjouer la faible profondeur d’eau restante qui  imposera désormais aux « non-grimpeurs » de se mouiller jusqu’aux chevilles. 

A titre indicatif, la température de la flaque est à 10,4°C. 

Le temps pour moi de me préparer tranquillement, boire un premier pisse mémé histoire de se tenir  au chaud. Pendant ce temps, nos deux visiteurs investissent la cavité en premier. 

Il me reste une petite heure avant que Rachel ne me rejoigne, je prends un peu d’avance sur elle et fait  une visite éclair en gardant à distance nos deux spéléologues en visite devant moi, afin de respecter  leur contemplation de l’explo du jour.  

Je m’attarde donc ici et là, afin de moi aussi contempler ce milieu déjà connu mais qui ne cesse  d’évoluer. 

Premier constat une fois à l’intérieur, le départ du Boulidou s’est remis en charge, et est à nouveau  impénétrable, comme lors de notre première visite avec Rachel le 27.12.2025. 

Petit relevé de température sur la vasque alors en eau : 13,3°C

Le niveau d’eau est identique à la visite du 27.12.2025, alors que les précipitations avaient été  beaucoup plus importantes. Fort de ce constat, je présume alors (sous couvert d’éléments contraires  que pourraient émettre nos experts locaux) qu’il doit s’agir d’un niveau seuil, avant que l’eau ne  s’évacue lentement par infiltration. 

La température relevée me laisse penser à plusieurs hypothèses : soit l’eau est sous l’influence d’un  contact avec de l’air extérieur qui la maintiendrait à une température plus fraiche que le reste des  réseaux avec un faible volume. Soit ce sont des eaux totalement nouvelles qui n’ont pas eu le temps  de s’équilibrer à la température ambiante de la cavité, et qui indiqueraient un temps de transit plus  court (encore une fois sous couvert de toutes autres explications de nos experts hydrogéologues de  terrains). 

Je continue vers le lac des paresseux. Lui est toujours en eau, la température relevée y est de 13,7°C (tiens !! comme au Cabrier), et un faible débit d’eau est visible et l’alimente. Mais nous constaterons  ultérieurement avec Rachel que cela semble correspondre aux résultats de la collecte de toutes les  infiltrations présentes aux abords et en amont du plan d’eau. 

Chemin faisant, je remarque que les flaques au sol se sont reconstituées par endroit grâce aux infiltrations et petits écoulements présents sur place, qui ont en parti lessivé sur leurs passages  certaines couches de sable qui étaient présentes fin décembre, et par la même occasion effacés les  traces de pas laissées lors des précédentes visites. 

J’arrive au niveau du seuil de débordement où nous nous étions arrêtés avec Rachel lors de notre  première visite (et avions constaté l’écoulement du réseau Ouest vers les réseau Nord) ; je croise en ce  lieu mes deux compères du moment qui sont sur leur retour (la fin n’est pas bien loin donc…)

Je continue à me diriger vers la salle du pilier, en fait le contour et arrive au départ de la corde. Et c’est  ici que s’arrêtera la progression pour aujourd’hui, le niveau d’eau étant remonté jusque-là depuis notre  dernière visite du 11 janvier. J’hésite alors à descendre sur la corde pour faire mon relevé de  température, je regarde l’heure, et me dis qu’il est préférable de le faire avec Rachel qui doit être non  loin de là, et surtout qui aura pris sa néoprène pour barboter un peu. 

Je décide donc de faire demi-tour. Très vite je rejoins nos deux visiteurs et nous nous dirigeons tous  trois vers la sortie. 

Il est midi passé, Rachel ne devrait pas tarder à arriver. En effet, je reçois un message ou elle s’est  photographiée avec… sa bouée !!! 

Obligé, je préviens les gars avant qu’ils n’amorcent leur descente, qu’ils risquaient de croiser Rachouille  qui fait l’andouille avec sa bouée à paillette.  

Ils m’ont alors regardé avec stupéfaction, en me disant à l’unisson : « une bouée ??! pourquoi faire ??.. » 

Beh…. Pour faire ça :  

Et c’est ainsi que le mythe des spéléologues scientifiques (que nous ne sommes pas Rachel et moi) pris  fin en ce jour. 

Alors que depuis le début j’avais vendu du rêve à nos deux compagnons en dégainant avec sérieux mon  pistolet thermomètre à tout bout de champs pour prendre des mesures tel un astronaute de la NASA,  Rachel arrive avec sa bouée à paillette à l’entrée de la cavité, comme Elon Musk qui envoie une tesla  dans l’espace. 

Autant dire que nous avons bien rigolé ensuite en débriefantsur cette situation des plus cocasse (mais  qui n’est pas la première que nous ayons partagé lors de précédentes sorties déguisées face à un  publique non averti). 

Bref, il est temps à la faim de se faire ressentir, Rachel a apporté des parts d’un succulent gâteau des  rois maison, et j’ai quelques restes de pates à manger. Le troc se met en place, des pates contre du  gâteau et vice versa, le tout arrosé avec le désormais célèbre pisse mémé de bibi.

GND, plus gros club spéléo du Gard sur la commune d’Aubais Page 5 sur 10 

COMPTE RENDU DU 21.01.2026, RACHEL ET CHARLES 

Puis nous progressons tous les deux dans les entrailles du Sergent, toujours l’un comme l’autre ébahis  par la magie des lieux. 

Nous revisitons tous les points précédemment décrits, prenons la pose le temps de quelques pauses  pour faire des shooting photos, et finissons par arriver à la corde.

Ni une ni deux, Rachouille déboule en bas pour faire trempette. Je lui envoie ensuite son joujou de  baignade, que nous ne manquerons pas d’immortaliser par de nombreux clichés photographiques.

Retour à un peu de sérieux tout de même… ne perdons pas de vu qu’il manque un relevé température  à faire. 

Et c’est une eau à 14°C qui sera relevé à la salle du réservoir. Cela laissera croire au vu du volume et  malgré la récente remontée du niveau, qu’il s’agit peut-être d’une eau plus ancienne qui est piégée là depuis les précipitations de décembre (dommage que je n’ai pas le conductimètre), les eaux neuves  elles plus froides, par stratification des couches, peut-être ne viennent pas de manière homogène se  mélanger et perturber la température relevée en ce point, et présage de gros volumes stockés, avec un  temps de transit plus long, un collecteur et un soutirage profond ? autant d’interrogations et de  questionnements me restent sans réponses sans avoir encore l’avis des experts locaux la prochaine  fois… 

Autres interrogations… souvenez-vous… le Cabrier est à l’extérieur à 13,7°C 

Tout comme la valeur relevée au lac des paresseux. 

Maintenant si je fais la moyenne des températures relevées au Boulidou et à la salle du Réservoir je  tombe aussi sur 13,7°C !! 

Hasard ? coïncidences des chiffres ? ou réelle corrélation des mesures ? mais que font les experts ??  on attend des réponses !! 

Il est temps pour nous de rebrousser chemin après la séance de natation de Rachel, et nous nous  dirigeons doucement et gentiment vers la sortie. 

C’est l’heure du gouter, donc on finit le gâteau des rois, toujours accompagné d’un pisse mémé bien  chaud. 

Nous redescendons ensuite vers l’Hérault et constatons que sous le pont, l’eau a cessé de couler !! 

Il est 17h30 et nous rejoignons nos pénates toujours des paillettes pleins les yeux (comme dans la  bouée ).

Tableau récapitulatif des données récoltées ce jour 21.01.2026 :

Point de relève Température de l’eau (°C)
Source du Cabrier 13,7
Porche d’entrée du Sergent 10,4
Départ du Boulidou 13,3
Lac des paresseux 13,7
Salle du lac du Réservoir 14,0