L’aven Noël, Bidon


Lors de l’A.G du club en début d’année, notre présidente de club, Nadja, avait proposé au programme des sorties de faire (ou refaire pour certain.e) l’Aven de Noël en Ardèche, qui fut déjà une de nos premières grosses sorties à la création du club en 2024.

Fidèle à notre programme prévisionnel de l’année en cours, Nadja coordonne avec succès les dispos de tous avec une date correspondante au planning d’accès à la cavité gérée par l’Association de Recherche Spéléologique et de Protection de l’Aven de Noël (autrement dit l’A.R.S.P.A.N), et la très sympathique Annie, qui nous fait la joie à chaque fois de nous recevoir chez elle à Bidon pour nous donner l’accès de la trappe d’entrée.

C’est ainsi que la date du 28 février 2026 se profile pour visiter l’Aven de Noël avec le plus gros club spéléo du Gard sur la commune d’Aubais.

Et là… c’est le drame… ☹ 

Microulouloute, maladou depuis quelques jours avant la date requise, donne du fil à retordre à ses jeunes parents des jours et des nuits durant, sans répits ni repos, avec la fatigue en prime, mais surtout avec une microlouloute qui atteignit encore la veille de notre départ les 39.5°C de fièvre.

Du coup, leur décision est sans appel : ils renonceront à leur présence sur la sortie ☹.

Nous voilà donc plus que quatre, déterminés comme jamais, prêts à en découdre avec l’éventuel CO2 de la cavité et son puit majestueux avant d’atteindre le fond de l’aven qui déboule dans sa galerie principale.

Je me précipite le vendredi soir au siège du GND pour récupérer le matériel nécessaire à la sortie, enkite le tout dans la foulée de retour au QG annexe Camarguais du GND, histoire d’être prêt pour le lendemain. Sans oublier au passage de prendre le détecteur O2 de Nico. 

Le lendemain je décolle en premier direction, chez louloute Amandine, puis nous filons chez Seb et Mathis pour commencer le grand voyage vers Bidon-village 😊, chez Annie qui nous donnera le code d’accès de la trappe.

Nous quittons Bidon-ville, direction l’Aven de Noël. Une fois arrivés, nous commençons à nous équiper, le tout avec croissants et pains au chocolat histoire de se mettre BIEN avant le départ.

Nous ouvrons la trappe, un fort souffle s’en dégage continuellement. Le choix des équipeurs est fait, je commencerais à équiper le P30, et Mathis prendra le relais pour le P90.

Nous allumons nos détecteurs (Seb ayant pris le sien également, on n’en a jamais trop de deux), calibration faite pour les deux, je dispose celui de Nico au-dessus de la trappe, nickel, pas de problème d’après l’écran qui indique 21% d’O2.

Nous avertissons nos sonnettes sur le groupe ouatesappe du club de notre entrée dans la cavité et donnons un retour max pour 20h00. Il est tout juste 11h00 quand je commence l’équipement et poursuit la descente. 

La tête à fleur de la trappe, c’est alors que je demande le détecteur de Seb, qui est muni d’un mousqueton que j’attacherais à mon baudard (chose qui n’est possible avec celui de Nico, que je laisserais du coup aux copains qui me suivront).

Et là… le détecteur se met à chanter comme jamais à peine il eut franchi la trappe d’entrée : « bipbipbibpbipbibpibpibipibpibpipbipbipibipbipbipbipbipbipbipbipbipbibpbipbipbipbibpbipbipbipbibpibpibibpbipbibipbbipbbipbibpibpbbipbibipbibpibbipibpibbipbibpibibpbibp….. »

Bref … vous l’aurez compris, il détecte du CO2 (ou du moins une baisse d’O2) et nous le fait savoir à cœur joie.

Valeur indiquée : 18,5% d’O2 dès l’entrée, … tça va… (de mémoire nous avions eu en juin 2024 la présence d’environ 3,5% de CO2 dans les puits, de quoi nous faire vraiment souffler à la remontée à l’époque…).

Je poursuis l’équipement, Mathis me talonne, lequel est suivi d’Amadine, Seb ferme la marche et la trappe aussi après s’être engouffrer dans l’Aven.

Le détecteur de Seb n’a de cesse de bipper en permanence. Je fais abstraction de cela et continue à dérouler vers le bas (bien que légèrement agacé par son bruit incessant). Mathis me rejoint sur un frac, et nous ferons une dernière lecture du détecteur qui relève 18,3% d’O2. Ce sera la dernière valeur lue, car après avoir essayé de stopper le son, le détecteur s’est mis en carafe.

Une fois au fond du P30, j’attend le reste de toute la petite tribu de niphargus que nous sommes, et échange mon rôle avec Mathis qui prendra le lead sur l’équipement du P 90 (le tout sous l’œil aguerris de ses aînés tout de même). 

Le CO2 se fait ressentir mais reste pour l’heure largement supportable, bien qu’il impressionne néanmoins louloute qui n’avait encore jamais expérimenté une cavité gazée. Nous essayons de refaire marcher le détecteur de Seb, en vain. Quant à celui de Nico, il indiquera 21% d’O2, comme en surface 😊, sartek, tout va bien… (je décide donc le l’arrêter et le laisser sur place dans le kit vide).

Et voilà notre jeune poulain du club (il y a encore quelques mois en arrière dans le rôle de la « victime » sur l’exo régional du SSF organisé en Lozère à Banicou), en train d’équiper ce magnifique puit aux dimensions majestueuses, le tout en descendant en demi-clé tout de même (simple mesure de précaution). 

Puis nous arrivons tous en bas. Il est 12h30, l’heure est parfaite pour se décider à déjeuner maintenant, avant de poursuivre la balade.

Une fois rassasié, nous nous mimes en route dans la galerie principale, toujours aussi émerveillés par les volumes et la magnificence des lieux.

Les efforts ne sont pas intenses, mais le CO2 se fait tout de même ressentir dans la galerie. Nous déambulerons ainsi ici et là, d’abord en se dirigeant dans la galerie finissant sur un regroupement de stalagmites au sol en mode cierges.

Nous rebroussons chemin et reprenons le fil de la grande galerie direction le « Bat Rift ».

Mathis nous fait part de maux de têtes (conséquences du CO2), nous calmons le pas, alternons avec de courtes pauses en guise de phases de récupération, et ne nous donnons plus que la visite de la « chauve-souris » avant de faire demi-tour vers la remontée. Quelques instants plus tard, c’est au tour de louloute de ressentir une petite migraine grandissante. L’appareil de Seb toujours en carafe ne nous donnera aucune valeur pouvant nous indiquer si le CO2 était plus ou moins élevé, en tout cas il était là.

Une fois atteint, et après quelques photos sur ce squelette de ce petit mammifère calcité sur la paroi, nous inversons le sens de marche et retournons au pied du grand puit.

Il est 16h00 quand nous arrivons en bas de la corde, nouvel encas et nouvelle pause avant de remonter. Mathis prendra le lead une demi-heure plus tard, déchargé de tout portage, peuchère, les maux de têtes lui faisant défaut.

Suivra Seb et Amandine, tandis que je fermerais la marche au déséquipement du grand puit. Le premier frac se fera easy pour ma part, avant de remonter la corde et de l’enkiter pour poursuivre sur le frac supérieur ou la différence se fit sentir (kit et corde au fesse) et la cadence fortement ralentie du coup.

J’arrive au bout de la corde au pied du P30 en étant au bout de ma vie (on mettra la faute sur le CO2, comme d’habitude 😊 😊).

Louloute prendra le relais du déséquipement du P30 sans problème apparent, tandis que je remonte à la surface avec le kit du grand puit et la corde de 120m pour rejoindre les deux compères déjà dehors depuis un moment.

Il est 18h00 quand louloute s’extrait de l’aven après avoir fini le déséquipement, le timing est respecté, les sonnettes sont prévenues de notre retour à la terre ferme, et un message à Annie sera également envoyé comme prévu pour lui indiquer notre sortie du trou et lui donner au passage les quelques valeurs d’O2 relevés tant que les détecteurs fonctionnaient (enfin celui de Seb surtout).

Nous nous satisfaisons tous de notre sortie ainsi réussie, et profitons à pleins poumons de reprendre un bol d’air pur à 21% d’oxygène. Cette fois-ci, une chose est sure, plus besoin de détecteurs pour se dire qu’on est bel et bien en surface.

Nous immortalisons l’instant avec quelques clichés photos avant de s’en retourner à la voiture pour nous changer et reprendre la route avec la conduite experte de notre chauffeur du jour, Seb.